Sur le Capitalisme

Chaque pays a été radicalement transformé par le développement du Capitalisme dont la clé de voute est l'Amérique. La société ancienne était à base essentiellement paysanne et artisanale. L'industrie a introduit un nouveau type d'intellectuels. Ils sont devenus, dans les sociétés où les forces économiques se sont développées dans un sens capitaliste, des organisateurs techniques, spécialistes de la science économique. Cette organisation technique est allée jusqu'à absorber la majeure partie de l'activité nationale et ce type d'intellectuels a prévalu avec toutes ses caractéristiques d'ordre et de discipline intellectuelles. Aujourd'hui, tous les intellectuels naissent sur le terrain de la technique capitaliste. De fait, ces intellectuels se développent lentement du fait de leur nature même et de leur fonction sociale, car ils représentent toute la tradition culturelle d'un peuple dont ils veulent résumer et en synthétiser l'Histoire. Cela a introduit un changement dans le mode de vie social; aujourd'hui l'intellectuel est devenu un agent nécessairement actif et un référent.

Ainsi l'Industrialisme se base sur le développement permanent de règles nouvelles toujours plus complexes et plus rigides et sur des habitudes d'ordre, d'exactitude, de précision qui complexifient la vie collective. Cela passe par la coercition de toutes les forces productives de la société et par un sélection à s'adapter aux nouvelles formes de production et de travail, en se débarassant des sous classes, des faibles, des réfractaires ou en les éliminant de la société.

Chaque nouveau système de vie et de travail entraîne de nouvelles façon de vivre et des habitudes en raison de nécessités dites "transitoires". Ces nouvelles habitudes et aptitudes psycho-physiques liées aux méthodes de production et de travail doivent être acquises par voie de persuasion réciproque ou de conviction proposée à l'individu et acceptée par lui. Ainsi le phénomène américain a créé un nouveau type de vie avec une certaine façon de penser et sentir la vie de travailleur et d'homme. L'industrialisme américain a supprimé l'humanité et la spiritualité du travailleur qui existait chez l'artisan lorsque le travailleur se retrouvait tout entier dans l 'objet créé et en lien très fort avec l'Art et le travail. Aujourd'hui le travailleur est exploité au maximum par les nouvelles méthodes de production. On essaie juste de lui conserver un certain équilibre psycho-physique pour l'empêcher de s'effronder complètement. On se préoccupe juste de maintenir la continuité de l'efficience physique (musculaire et nerveuse) dans son ensemble. Le haut salaire est l'instrument qui se rattache à cette nécessité; on sélectione ainsi la main d'oeuvre adaptée au système de production et de travail qui aide à le maintenir stable. Un fossé s'est creusé entre habitude de vie des travailleurs et celle des autres couches de la population, fossé qui va sans cesse en s'élargissant.

Dans ce système, le "libre échange" est un programme politique destiné à changer, dans la mesure où il triomphe, le personnel dirigeant d'un Etat et le programme économique de l'Etat lui même, c'est à dire à changer la distribution du revenu national. Avec le libre échange, c'est une fraction du groupe dirigeant qui cherche à modifier non pas la structure de l'Etat mais seulement l'orientation du gouvernement, qui veut réformer la législation commerciale et seulement indirectement la législation industrielle pour pas que le protectionnisme limite l'initiative industrielle et qu'ainsi on puisse favoriser la naissance des monopoles. Mais en dehors du libre échange, l'économisme se présente sous bien d'autres formes.

Les industriels n'ont pas un parti politique permanent qui leur est propre; ils se servent tour à tour de tous les partis existants qui composent l'échiquier politique. Pour eux quelque chose est rationnel quand il a eu ou a une fonction utile, c'est à dire conforme à un mode de vie, de pensée, d'action. Cela marque une pointe du progrès. 

Dans la vie économique moderne, il y a un élément "arbitraire" qui répond soit à des initiatives individuelles, soit à celles de consortium ou à celles de l'Etat. Cela entraine de nouveaux problèmes scientifiques, de mesures différentes, imprévisibles. C'est ainsi qu'il existe dans la vie économique une crise qui fait que les phénomènes économiques ont un automatisme qui est à une échelle plus grande que précédement alors que les faits particuliers sont "affolés".

L'argent est la force naturelle des choses, c'est à dire son lien causal. Les forces opposées à loi tendantielle qui se résument dans la production d'une plus value relative, toujours plus grande, ont des limites qui sont fixées par exemple sur le plan technique par l'extension et la résistance élastique de la matière et sur le plan social par le taux de tolérance au chomage dans une société donnée. Autrement dit, la contradiction économique devient contradiction politique et se résout politiquement dans un renversement de la praxis.

C'est  le travail socialement nécessaire qui est un élément fondamental de la formation de la valeur et du profit. Le progrès technique donne justement à telle ou telle entreprise particulière la chance moléculaire d'augmenter la productivité du travail au dela de la moyenne sociale,et par la suite de réaliser des profits exceptionnels. Mais à peine ce progrès s'est - il socialisé que cette position initiale se perd peu à peu et la loi de la moyenne sociale du travail fonctionne et abaisse à travers la concurrence les prix et les profits: on a alors une baisse du taux de profit car la composition organique du capital se révèle défavorable. Les entrepreneurs  tentent de prolonger la chance initiale aussi longtemps que possible, même au moyen de l'intervention législative, la défense des brevets, des secrêts industriels, etc...qui cependant ne peut qu'être limitée à quelques aspects du progrès technique, sans doute secondaire, mais qui de toute façon ont un poids non négligeable. Le moyen le plus efficace d'échapper à la chute du taux de profit consiste pour les entrepreneurs à introduire sans cesse des modifications nouvelles et progressives dans tous les secteurs du travail et de la production sans négliger les apports moins importants du progrès qui, dans les très grandes entreprises, est multiplié sur une grande échelle qui donnent des résultats très apréciables. Le progrès technique ne détermine pas immédiatement une baisse du taux de profit.

Les femmes dans ce système capitaliste sont cantonnées au rang "d'idéal esthétique", idéal qui oxcille entre la conception "d'administrative" et celle de "Bibelot", de jouet. Ce système est en train de créer des marges de passivités sociales sans cesse plus vastes. Il semble que l'on cherche à faire jouer aux femmes un rôle dominant dans ce phénomène. Femmes et filles tendent de plus en plus à être des "mamifères de luxe". Les concours de beauté, les concours pour être actrice de cinéma, de theâtre, etc, en sélectionnant la beauté féminine dans le monde et en la mettant aux enchères, font naître une mentalité de prostitution; c'est la "traite des blanches" devenue légale.

Quand toute l'économie mondiale sera devenue capitaliste et aura atteint un certain niveau de développement, quand la "frontière mobile" du monde économique, capitaliste, aura rejoint ses colonnes d'Hercule, la production de la plus value relative, lorsque l'une tend à annuler l'autre, avec cette prévision que la baisse du taux de profit prévaudra, cette contradiction deviendra insoluble et exigera l'intervention d'une eppée d'Alexandre.

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Date de dernière mise à jour : 13/04/2016