SCIENCES POLITIQUES ET PARTI

On doit attirer l'attention sur le présent tel qu'il est si on veut le transformer: Pessimisme de l'intelligence et optimisme de la volonté. La science est cette activité de pensée, c'est une pensée politique.

La base scientifique de la morale du matérialisme scientifique se trouve dans le fait qu'une société ne se propose de tache que lorsqu'il existe déja les solutions pour les conditions de sa réalisation. Quand ces conditions existent, la solution des taches devient Devoir, la volonté devient libre. La morale devient alors une recherche des conditions nécessaires pour la liberté de la volonté dans un certain sens, vers un certain but. Elle doit faire la démonstration que ces conditions existent. Il faudra pour cela établir une graduation des buts à atteindre (pas une hierarchie), créer afin de "moraliser" chaque individu pris isolément et la société d'individus.

Quand on réussit à introduire une nouvelle morale conforme à une nouvelle conception du monde, on finit par intoduire aussi cette conception. C'est à dire, qu'on détermine une complète réforme philosophique; il se produit alors le passage du moment purement économique (ou égoïste-rationnel) au moment éthique- politique, c'est à dire une élaboration supérieure de la structure en superstructure dans la conscience des hommes (passage de l'objectif au subjectif), au dela de la nécessité à la liberté, en tant qu'instrument pour créer une nouvelle forme éthique-politique, génératrice de nouvelles initiatives. Là se trouve le point de départ de la philosophie de la praxis. On acquiert à travers la lutte hégémonique la conscience politique d'être un élément de cette force hégémonique. Tout rapport d'"hégémonie" est nécessairement aussi un rapport pédagogique qui se manifeste à l'intérieur d'une nation, entre les forces diverses qui la composent mais aussi à l'échelle internationale, mondiale, entre des complexes de civilisation nationales et continentales.

Au cours de la période de lutte pour l'hégémonie, c'est la science politique qui se développe; la phase de l'Etat exige, elle, que toutes les superstructures se développent pour empêcher l'Etat de se dissoudre.

Chaque système philosophique est convaincu d'exprimer l'amitié de l'esprit humain, c'est à dire d'une unité de l'histoire et de la nature. C'est cette raison qui fait que les hommes agissent, créent de nouvelles histoires et que les philosophes deviennent idéologie et prennent dans la pratique cette dureté de grands fanatiques. En se mettant en place, la philosophie de la praxis apporte une réforme en étant une philosophie libérée (ou qui cherche à se libérer) de tout élément idéologique unilatéral et fanatique lié à la nécessité et non à la liberté qui n'existe pas encore.

La science de la politique est un organisme en développement. La politique est le premier degré, moment, où la superstructure est encore dans sa phase immédiate de simple affirmation volontaire, distincte et élémentaire.

Le concept "bloc historique" est l'impulsion immédiate à l'action qui nait sur le terrain permanent et organique de la vie économique, qu'elle dépasse en faisant entrer en jeu des sentiments et des aspirations.

Partant du fait qu'il existe des gouvernants et des gouvernés, des dirigeants et des dirigés, il faut créer les conditions qui permettront que disparaisse la nécessité de cette division qui est une division du travail en établissant un principe d'homogénéité des groupes. Cela se produira lorsque les dirigeants trouveront que cela est juste et rationnel que cette homogénéité soit faite. Il serait bien que l'on ait pas besoin de démontrer la nécessité et que c'est quelque chose d'indiscuable pour éviter de part et d'autre les sacrifices inutiles. Après cela, les partis peuvent élaborer les dirigeants qui ont la capacité de diriger. Si l'Etat est une volonté centralisée, la volonté humaine est la superstructure et la structure économique.

Avant d'aborder la question du parti il y a d'abord "l'état d'esprit" qui est l'expression arbitraire d'individualismes plus ou moins jutifiés. Que la continuité soit avec le passé ou la tradition, soit avec l'avenir, Il suppose que tout a déjà commencé et se continuera. Le sentiment de responsabilité de ce processus est d'être le fait d'acteurs responsables, d'être solidaire de forces innconnues materiellement mais qu'on sent "actives" et opérantes et dont on doit tenir compte comme si elles étaient matérielles et physiquement présentes.

Un telle conscience de durée doit être concrète sans dépasser les limites minima que sont les générations précédentes et futures. Pour cela il faut combattre les déformations qui l'affectent et les déviations quelle produit: le geste pour le geste, la lutte pour la lutte, etc; et surtout combattre l'individualisme étroit et petit qui n'est que la satisfaction capricieuse d'implusions momentanées.

L'individualisme est un apolitisme de caractère animal, le sectarisme sa forme de clientelle personnel. Il lui manque l'esprit de parti qui est le caractère fondamental de l'esprit d'Etat.

Après vient le parti qui une fois formé à un rôle précis et permanent bien qu'il ne soit jamais achevé ni formé en ce sens et que les développements créent de nouveaux engagements et de nouvelles charges. Le parti n'est qu'une nomenclature de classe qui devient nécessaire historiquement.

Il faut trois éléments fondamentaux:

1°- Un élément diffus d'hommes communs, moyens qui offrent comme participation à leur discipline, leur fidélité mais pas l'esprit de création et de haute organisation même si chacun peut devenir une force de cohésion.

2°- l'élément de cohésion qui centralise sur le plan national et qui rend efficace et puissant un ensemble de forces.

3°-  un élément moyen qui doit articuler le 1° et le 2° élément, les mettre en rapport et en contact de manière physique, moral et intellectuelle.

Quand ces 3 propositions sont réalisées on obtient un maximun d'efficacité et le parti ne peut plus être détruit par des moyens normaux. La conviction doit être inébranlable et dans la lutte qu'il mène on doit toujours prévoir la défaite comme possible et la préparation de ses propres successeurs pour atteindre la victoire.

Le parti politique sert de tutelle à un certain ordre politique et légal. Il remplit une fonction en quelque sorte de police en exercant un ordre extérieur, extrinsèque, qui entraves les forces vives de l'histoire. Il tend à porter un nouveau niveau de civilisation dans l'ordre politique et légal qui est une des expressions du programme. Cette fonction de police peut être progressive ou régressive afin que les forces réactionnaires restent dans la légalité: régressive pour maintenir  une légalité dépassée par le parti historique devenu "extrinsèque"; progressive quand le parti fonctionne démocratiquement (au sens d'un centralisme démocratique) alors qu'un parti régressif fonctionne que bureaucratiquement (Centralisme bureaucratique).

Le parti politique est un organisme, un élément complexe de la société. Cet organisme est la première cellule où se résument les germes de volonté collective qui tendent vers l'universalité. Il doit avoir pour souci majeur la réforme intellectuelle et morale, c'est à dire aider au développement futur de la volonté collective national-populaire vers l'accomplissement d'une force supérieure et totale de la civilisation moderne en sachant que cette réforme culturelle qui est une élévation "civile" des couches les plus basses de la société ne peut pas se faire sans une réforme économique préalable et un changement dans la situation sociale et le monde économique. Cette réforme intellectuelle et morale est donc liée à un programme de réformes économiques qui est, précisement, la façon concrète dont doit se présenter toute réforme intellectuelle et morale.

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Date de dernière mise à jour : 12/09/2013