QUANTITE ET QUALITE

Selon une  loi de philosophe idéaliste: la quantité devient qualité, hors la qualité est toujours étroitement liée à la quantité et c'est même à cet étroit rapport qu'elle doit son rôle le plus original et le plus fécond. L'idéalisme fait en réalité de ce "quelque chose de plus" une hypostase de la qualité. Il fait un être distinct l'"esprit" comme la religion en avait fait la divinité. Mais si l'idéalisme et la religion en font une hypostase, autrement dit une abstraction arbitraire et non pas le processus de distinction analytique, pratiquement nécessaire pour des raison pédagogiques, c'est aussi une hypostase que fait le matérialisme vulgaire qui "divinise" une matière hypostatique.

Les idéalistes actuels ont une conception semblable de l'Etat et de la société.

¨Pour les "actualistes", l'Etat finit par être précisément ce quelque chose qui est supérieur aux individus. Cette conception des actualistes vulgaires à finit par tomber tellement bas dans la pure répétition mécanique pour ce qui concerne l'identification idélaliste de l'individu à l'Etat, que la seule critique possible était la caricature humoristique.

Puisqu'il ne peut y avoir de quantité sans qualité et vice-versa (Economie sans culture, activité pratique sans intelligence et vice-versa) toute opposition des deux termes est un non sens du point de vue rationnel. En fait, quand on oppose la qualité à la quantité, avec toutes sortes de variations diverses, on oppose en réalité une certaine qualité à une autre qualité, c'est à dire qu'on fait une certaine politique et qu'on ne prononce pas une affirmation philosophique. Si le groupe quantité-qualité ne peut être dissocié, la question se pose de savoir où il est le plus utile d'appliquer sa propre force de volonté: à développer la quantité ou la qualité? lequel des deux aspects est le plus controlable? Lequel est le plus facilement mesurable? Sur lequel peut-on faire des prévisions? Construire des plans de travail? La réponse ne parait pas faire de doute: sur l'aspect quantitatif. Aussi affirmer que l'on veut travailler sur la quantité, qu'on veut développer l'aspect "concrét" du réel ne signifie-t-il pas qu'on veuille négliger la qualité? En fait, cela signifie au contraire qu'on veut poser le problème du qualitatif de la façon la plus concrète et la plus réaliste; c'est à dire qu'on veut développer la qualité, et la seule manière qui rend possible le contrôle et la mesure de ce développement.

La question est liée à une autre qu'exprime le proverbe latin: "Vivre d'abord, ensuite philosopher". En réalité il n'est pas possible de détacher "vivre" de "philosopher"; vivre signifie surtout s'occuper de l'activité économique pratique, philosopher s'occuper des activités intellectuelles. Mais il y a ceux qui ne font que vivre, qui sont contraint à un travail servile, exténuant, etc, sans lequel d'autres ne pourraient pas avoir la possibilité d'être exonérés de l'activité économique pour philosopher.

Soutenir la qualité contre la quantité ne s'ignifie exactement rien d'autre que cela : maintenir intacte des conditions déterminées de la vie sociale, où des hommes sont pure quantité et d'autres qualité. Et comme il est agréable de se considérer comme les représentants patentés de la qualité, de la beauté, de la pensée, etc, il n'y a pas une femme du monde qui ne soit convaincu de s'acquiter pleinement de sa fonction: conserver sur terre la qualité et la beauté. N'oubliez pas que tout agrégat social est quelque chose de plus (et même de différent) que la somme des individus qui le composent, ce qui veut dire que la loi ou le principe qui explique le développement de la société ne peut être une loi physique, puisque dans la physique on ne sort jamais de la sphère de la quantité autrement que par une métaphore.

*

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : 11/07/2013

×