- Moralité

POURQUOI IL N'EXISTE PAS UNE PHILOSOPHIE UNIVERSELLE

Aucune façon de vivre, aucune action est naturelle ; les moeurs aussi ne sont pas "naturels". "Naturel" s'ignifie presque toujours:"juste" et "normal" en fonction de la conscience historique du moment. Même dans la nature rien n'est fixe, immuable et objectif. Chez l'homme, sa "nature" est l'ensemble des rapports sociaux et cet ensemble est "contradictoire"; ce n'est jamais quelque chose d'homogène pour tous les hommes, tout le temps. Rien ni personne ne peut imposer une façon de penser unique, commune à tout le monde. C'est seulement du choc des opinions contraires que peut naitre une façon de penser réaliste, sans convention, ni artifice, mais de façon naturelle. Voilà pourquoi, il n'existe pas de conception morale immuable. La conscience des hommes est historique, c'est cette contradiction qui est naturelle, c'est elle qui détermine ce qui est "naturel" et "contre nature". Mais comme l'ensemble des rapports sociaux humains est contradictoire, la conscience des hommes est forcement contradictoire. La conscience se manifeste à travers la conscience historique du corps social des groupes, en fonction du développement historique des groupes et de la civilisation des groupes; il n'y a pas de niveau historique unique. Voilà pourquoi il n'y a pas de conception philosophique absolue et objectivement universelle, uniforme pour tous.

Un type de civilisation économique exige un mode de vie déterminé,des règles de conduite déterminées et certaines moeurs, des comportements qui relèvent de l'éducation et une façon de vivre ensemble. Personne ne peut agir comme bon lui semble; ces objectifs et ces nécessitées si elles sont historiques et "objectives" ça devient "liberté". La morale est à rechercher dans les conditions nécessaires pour la liberté de la volonté. La solution des taches devient "devoir" avec une graduation des buts à atteindre pour moraliser la société. Toute passion peut devenir non un devoir de  morale politique mais d'éthique. Cette conception du droit doit être libérée de tout résidu de transcendance et d'absolu et pratiquement de tout favoritisme d'ordre moraliste. Une nécessité objective de la technique sociale peut devenir "l'universalité" d'un principe moral même si elle est interprétée au moyen d'idéologies transcendante ou transcendantales.

L'histoire est une lutte continuelle des individus et des groupes pour changer ce qui existe à un instant donné. Il arrive que certains individus pensent de bonne foi que tout le monde devrait agir comme lui-même quand il commet des actes qui répugnent qui sont contraires à des consciences plus évoluées ou de civilisation différente, comme il arrive même qu'un délinquant qui a commis un délit scélérat se justifie  en son for intérieur et proteste de sa bonne foi, de son innocence. Pourtant, il connait exactement les circonstances objectives et subjectives dans lesquelles il a commis le délit; mais malgré cela il garde sa conviction qu'il estime justifié sous prétexte qu'il ne peut les transmettre rationnalement aux autres. C'est seulement quand il éprouve un changement dans sa conception de la vie qu'il peut être conduit à un jugement différent. Cela arrive et explique nombre de suicides en prison. La conception morale est donc variable d'un individu à l'autre, d'un groupe à l'autre.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2014

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