-LES BUREAUCRATES SPECIALISES

La formation de masse a standardisé les individus tant dans leur quallification individuelle que dans leur psychologie en déterminant l'apparition des mêmes phénomènes dans toutes les masses standardisées; concurence qui a créé la nécessité d'organisation professionnelle, de défense, de chomage, surproduction des diplômes, émigration, etc. Le développement du capitalisme industriel a introduit un nouveau type d'intellectuel: l'organisateur technique, le spécialiste de la science appliquée. C'est dans ce développement historique des formes politiques et économiques que s'est progressivement formé le type de fonctionnaire "de carrière" techniquement rompu au travail bureaucratique civil et militaire.

 Le type traditionnel d'école le plus ancien était celui que l'on pourrait appeler "Humaniste". Il visait à développer en chaque individu humain la culture générale, le pouvoir fondamental de penser et de savoir se diriger dans la vie. On observe qu'aujourd'hui dans notre civilisation moderne toutes les activités pratiques sont devenues si complèxes et les sciences se sont tellement imbriquées dans  la vie que chaque activité pratique tend à créer une école pour ses propres dirigeants et spécialistes et par la suite à créer un groupe d'intellectuels du niveau le plus élevé, destiné à enseigner dans les écoles. Ainsi on a créer tout un système d'écoles particulières de différents niveaux pour des branches professionnelles entières ou pour des professions déjà spécialisées et caractérisées avec précision. On peut même dire que la crise scolaire qui sévit aujourd'hui est justement liée au fait que ce processus de différenciation et de particularisation se produit dans le chaos, sans principe clair et précis, sans un plan bien étudié et consciemment établi. La crise du programme et de l'organisation scolaire, autrement dit l'orientation générale d'une politique de formation des cadres intellectuels modernes, est en grande partie un aspect et une complication de la crise organique plus globale et plus générale.

A côté de l'école classique, on a développé l'école technique (professionnelle et non manuelle) ce qui mis en question le principe même  de l'orientation concrète de la culture générale, de l'orientation humaniste de la culture générale fondée sur la tradition gréco-romaine. Cette orientation, une fois mise en question, on peut dire qu'elle est liquidée car sa capacité formatrice se fondait en grande partie sur le prestige général et traditionnellement on discute d'une forme déterminée de civilisation. La tendance actuelle est d'abolir tout type d'école "désintéressée" (non immédiatement interessée) et formatrice, quitte à en laisser subsister un modèle réduit pour une petite "élite" de messieurs et dames qui n'ont pas le souci de se préparer un avenir professionnel. La tendance est de répandre toujours davantage les écoles professionnelles spécialisées dans lesquelles la destinée de l'élève et son activité future sont  prédéterminées. La crise aura une solution qui rationnellement devrait aller dans ce sens: école initiale unique de culture générale humaniste, formatrice, qui trouverait un juste équilibre entre le développement à l'aptitude au travail manuel (technique industriel) et le développement à l'aptitude au travail intellectuel. De ce type d'école unique, à travers des expériences répétées d'orientation  professionnelles, on passera à l'une des écoles spécialisées ou au travail productif.

Dans les écoles spécialisées, chaque activité tend à se créer son propre cercle de culture qui joue un rôle d'institution pro-scolaire spécialisée dans l'organisation des conditions permettant à chacun de se tenir au courant des progrès réalisés dans sa propre branche scientifique. On tend dans l'aspect organique à distinguer l'activité libérale qui leur parait essentielle de l'activité technico-industrielle consistant à un examen préalable par des experts et dans l'analyse scientifique préalable des problèmes qui doivent donner lieu à décision. C'est cette activité qui a créée un corps bureaucratique de structure nouvelle qui en plus des bureaux spécialisés dans les quels le personnel compétent prépare le matériel technique pour les organismes délibérant, on a créé un second corps de fonctionnaires plus ou moins "bénévoles" et désintéressé choisis, tour à tour, dans l'industrie, la banque, la finance. Dans ce mécanisme, la bureaucratie de carrière a finit par contrôler les régimes démocratiques et les parlements, jusqu'aux grands spécialistes de l'activité pratique privée qui contrôle aussi les régimes et les bureaucrates en intégrant le personnel spécialisé dans la technique politique avec du personnel spécialisé dans les questions concrètes d'administration des activités pratiques essentielles des grandes et complèxes sociétés nationales modernes. Ainsi le personnel technique politique doit compléter sa culture selon les nécessités nouvelles pour devenir un nouveau type de fonctionnaire spécialisé capable de compléter collégialement l'activité délibérante et ne plus se contenter des activités juridico-formelles devenues anachroniques et représenter un danger pour la vie de l'Etat. Ce nouveau dirigeant doit pouvoir si ce n'est créer de façon autonome la solution juste, du moins savoir arbitrer entre les solutions exposées par les experts et choisir la plus "synthétique" de la technique politique. L'unité dutravail manuel et intellectuel, en lien étroit entre pouvoir législatif et exécutif, donne aux fontionnaires élus la possibilité de s'intéresser non seulement au contrôle mais aussi à l'exécution des affaires de l'Etat.

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Date de dernière mise à jour : 27/01/2015

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