- Le Matérialisme

 Commençons par le terme de "Materialisme"; il faut l'entendre dans la première moitié du XIXe siècle, non seulement au sens technique étroit qu'il a en philosophie, mais au sens le plus extensif qu'il a pris au cours des discussions qui ont surgi en Europe avec la naissance et le développement victorieux de la culture moderne. On appela matérialisme toute doctrine philosophique qui demandait qu'on exclût la transcendance du domaine de la pensée, et par conséquent, en réalité, non seulement tout le panthéisme (Dieu nature) et l'immanentisme (Dieu dans le monde) furent appelés matérialisme, mais encore toute attitude pratique s'inspirant du réalisme politique qui entendait s'opposer à certains courants les moins valables du romantise politque, comme les dictrines populariées par Mazzini, qui ne parlait que de "missions", d'idéal et autres nébulosités semblables ou abstractions sentimentales. Dans les polémiques que mènent les catholiques, même aujourd'hui, le terme de materialisme est souvent employé dans ce sens; matérialisme est l'opposé du spiritualisme au sens étroit du mot, c'est à dire du spiritualisme religieux, et on fait donc entrer dans ce terme toute la philosophie de HEGEL et, en général, la philosophie classique allemande, en plus du sensualisme et de la philosophie Française du siècle des lumières. Ainsi, dans la terminologie du sens commun, on appelle matérialisme toute conception qui tend à trouver sur cette terre et non au paradis, le but de la vie. Toute activité économique qui se risquait hors des limites de la production médiévale était "matérialisme", parce qu'elle apparaissait comme "fin à elle -même", l'économie pour l'économie,, l'activité pour l'activité, de même qu'aujourd'hui pour l'Européen moyen l' Amérique est "matérialiste", parce que l'emploi des machines et le volume des entreprises et d'affaires dépassent une certaine limite qui apparait à l'Européen moyen comme " la juste mesure", celle à l'intérieur de laquelle des exigences "spirituelles" ne sont pas affectées. C'est ainsi qu'une rétorsion polémique de la culture féodale contre la bourgeoisie en développementest aujourd'hui accomplie justement par la culture bourgeoise européenne contre un capitalisme le plus développé que le capitalisme européen d'une part,et de l'autre contre l'activité pratique des groupes sociaux subalternes pour lesquels, au départ, et pour toute une époque historique, c'est à dire tant qu'ils n'auront pas construit leur propre économie et leur propre structure sociale, l'activité ne peut - être qu'à prédominance économique ou tout au moins s'exprimer en termes économiques et de structure.

Des traces de cette conception du matérialisme restent dans le langage: en Allemand "Gestlich" signifie aussi "clérical", propre au clergé, de même qu'en Russe "doukhovnyi"; que cette conception soit celle qui l'emporte sur toutes les autres, on peut en déduire d'un grand nombre d'auteurs de la philosophie de la praxis, pour qui, justement, la religion, le théisme, etc, servent de critères pour reconnaître les "Matérialistes conséquents".

Matérialisme métaphysique traditionnel :

La réduction du matérialisme historique au matérialisme métaphysique traditionnel doit être recherché dans le fait que le matérialisme historique devait être nécessairement une phase avant tout critique et polémique de la philosophie, alors qu'on avait besoin d'un système déjà achevé et parfait. Mais les systèmes parfaits et achevés sont toujours à l'oeuvre de tel ou de tel philosophe, et chez ces philosophes, à côté de la partie historiquement actuelle, c'est à dire correspondant aux conditions de la vie de leur temps, existe toujours une partie abstraite "ahistorique", en ce sens qu'elle se rattache aux philosophies précèdentes et qu'elle répond à des nécessités extérieures et pédante d'architecture du système ou qu'elle est due à des idiosyncrasies (réaction propre à l'individu) personnelles; aussi la philosophie d'une époque ne peut se réduire à aucun système individuel, à aucun système de tendance; elle est l'ensemble de toutes les philosophies individuelles et des philosophies de tendance, à quoi il faut ajouter les opinions scientifiques, la religion, le sens commun. Est--il possible de former un système de ce genre artificiellement? Avec le concours d'individus et de groupes? L'activité critique est la seule possible, surtout quand on entend poser et résoudre avec une méthode critique les problèmes qui se présentent comme expression du développement historique. Mais le premier de ces problèmes qu'il faut poser et comprendre est le suivant: La philosophie nouvelle ne peut que coincider avec aucun système du passé, quel que soit son nom. Identité de termes ne signifie pas identité de concepts.

Matérialisme Historique :

Les partisans du matérialisme historique se sont inspirés des études réalisées par Lange depuis les différents philosophes matérialistes afin de posséder les concepts fondamentaux du Matérialisme. Disons sous une forme shématique que les choses se sont passées ainsi: On est parti d'une présupposition dogmatique à savoir que le matérialisme historique est, sans aucune nuance, le matérialisme traditionnel légèrement revu et corrigé (corrigé par la "dialectique" qui se trouve ainsi intégrée comme un chapître de la logique formelle et non comme étant elle -même, une logique,c'est à dire une théorie de la connaissance); on a étudié chez LANGE ce qu'a été le matérialisme traditionnel et les concepts de ce dernier ont été resservis comme concept du matérialisme historique. De sorte que l'on peut dire que pour la majeure partie de l'ensemble des concepts qu'on présente sous l'étiquette du matérialisme Historique, celui qu'il faut considérer comme le chef d'école, le fondateur, c'est LANGE, et personne d'autre. Lange  est un historien consciencieux et pénétrant, et qui a du matérialisme un concept très précis, défini et limité, ce qu'il explique qu'il ne considère pas comme matérialistes - à la grande stupeur de certains qui se mettent, où peu s'en faut, en colère  (comme PLENAKOV)- ni le matérialisme historique, ni même la philosophie de FEURBACH. Constatons combien la terminologie est conventionnelle, mais elle a son importance dans la détermination des erreurs et des déviations, chaque fois qu'on oublie qu'il faut toujours remonter aux sources culturelles pour identifier la valeur exacte des concepts, car sous le même chapeau peuvent s'abriter des têtes différentes. On sait d'autre part, que le chef d'école de la philosophie de la praxis n'a jamais appelé "matérialiste" sa conception et que parlant du matérialisme français, il le critique et affirme que la critique devrait être plus exhausive. C'est ainsi qu'il n'emploie jamais la formule de"dialectique matérialiste" ce qui donne au terme "rationnel" une signification bien précise.

La Philosophie de la praxis:

Dans le passage de"la sainte famille"  sur le " matérialisme Français au XVIIIe siècle il est fait une allusion assez claire à la génèse de la Philosophie de la praxis: elle est le "matérialisme" perfectionné par le travail de la philosophie spéculative elle même et qui s'est fondue avec l'humanisme.Il est vrai qu'avec ces perfectionnements de l'ancien matérialisme, il ne reste que le réalisme philosophique. Y-a-t-il vraiment dans la conception de l'esprit selon la philosophie spéculative autre chose que le vieux "Saint esprit" dissimulé sous les spéculations avec une remise à jour du vieux concept de la nature humaine propre à la transcendance et au matérialisme vulgaire? Cet idéalisme est intersèquement théologique. Pour les catholiques l'idéalisme qui repose sur la négation de l'objectivité de chacune de nos connaissances et sur le nomisme idéaliste de "l'esprit" (équivalent au nomisme positiviste de la matière), ce nomisme affirme le fondement même de la religion. Dire que Dieu n'existe pas objectivement en dehors de nous et qu'il est une création de l'intellectuel, c'est un sens commun. L'idéalisme non moins que le matérialisme est radicalement contraire à la religion.

Le matérialisme est une véritable philosophie et la philosohie de la praxis est une pure sociologie. Hors la philosophie de la praxis n'est pas le matérialisme historique.

L'identité de l'Histoire de la philosophie est immanente dans le matérialisme historique ( mais en un certain sens, comme le matérialisme historique (d'une phase à venir).

Pour la philosophie de la praxis, l'objectivité de la connaissance peut être élaborée en partant de la proposition contenue dans la préface de "l'économie politique": les hommes deviennent conscient (du conflit des forces matérielles et de production sur le terrain idéologique des forces juridiques, politique, religieuses, artistiques, philosophiques). Cette conscience est limitée aux conflits existants entre les forces matérielles de production et les rapports de production. Ou alors elle concerne toute connaissance consciente. C'est toute la question qui peut être élaborée avec tout l'ensemble de la doctrine philosophique de la valeur des superstructures. Le nomisme est le contraire de l'acte historique concrêt; c'est à dire de l'activité humaine (Histoire-esprit) au sens concret et lié indissolublement à une certaine "matière" organisée (historicisée) c'est la nature transformée par l'Homme.

La Philosophie de l'acte (praxis-développement) non de l'acte mais au contraire de l'acte "impur", réel, au sens le plus profane et terrestre du mot.

Notre conception du monde répond à des problèmes déterminés, posés par la réalité, qui sont bien déterminés et "originaux" dans leur actualité (la théorie (philosophie) et pratique "praxis". La pensée (théorie) et l'action sont deux conceptions du monde; l'une affirme en paroles, l'autre se manifeste dans l'action effective.

La société ne repose pas sur des tâches pour la solution des quelles n'existe pas déjà des conditions de sa réalisation. Cela est la base scientifique d'une morale du matérialisme historique. Qand les solutions existent, les tâches deviennent DEVOIR et VOLONTE LIBRE. Cette morale représente les conditions nécessaires pour la liberte, pour la volonté.

Le matérialisme historique mécanique ne considère pas la possibilité d'ERREUR, mais il assure tout acte politique comme possibilité d'erreur, mais il assurme tout acte politique comme déterminé par la structure, immédiatement, c'est à dire comme le reflet d'une modification réelle et permanente (au sens acquise) de la structure.

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Date de dernière mise à jour : 06/04/2017

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