-Le Centralisme Démocratique

La question de la bureaucratie et de son organisation optimum est liée à ce que l'on appelle le  "centralisme organique" et le "centralisme démocratique" qui n'a rien à voir avec la démocratie abstraite.

Quand un parti politique est progressif, il fonctionne "Démocratiquement" (au sens du centralisme démocratique). Quand le parti est régressif, il fonctionne"bureaucratiquement", le parti est alors un simple exécutant qui ne décide pas. C'est par exemple un organe de police.

La Bureaucratie est l'utilisation du personnel dirigeant qui exerce le pouvoir coercitf et qui à un certain moment se transforme en caste.

Si l'origine du pouvoir qui commande, la discipline est démocratique, c'est à dire si l'autorité est une fonction technique spécialisée et non pas "arbitraire" ou une obligation extrinsèque et extérieure, la discipline est un élément nécessaire de l'ordre démocratique, de la liberté. La discipline limite l'arbitraire, l'impulsivité irresponsable et la vanité qui consiste à se mettre en avant.

Avant la guerre de 14, il n'y avait pas à proprement parlé de prédominance allemande dans la vie de la haute culture et de certaines formes politiques internationales.. Aucun lien organique et disciplinaire n'établissait une telle suprématie, c'était un sîmple phénomène d'influence culturelle abstraite et de prestige tout à fait passager. Cela n'avait  de retentissement sur l'activité effective, caractérisée au contraire par une dispersion, avec un localisme et l'absence d'une orientation d'ensemble et donc aucun centralisme organique ni démocratique, ni tout autre genre ou mixte. L'influence n'était sentie que par de rares groupes d'intellectuels sans lien avec les masses populaires. D'où l'intérêt d'examiner le processus qui a abouti à formuler les théories du centralisme organique en distinguant entre celles qui voilent un programme précis de prédominance réelle d'une partie sur le tout ( soit la partie constituée par un milieu comme celui des intellectuels, soit celle constituée par un groupe territorial "privilégié") et celles encore qui sont une simple position unilatérale de sectaires et fanatiques, et qui, tout en pouvant cacher un programme de prédominance ( généralement d'une personnalité, comme celle du Pape infaïble qui a fait se transformer le catholicisme en une sorte de culte du Souverain Pontife), ne paraissent pas, dans l'immédiat, cacher un tel programme comme fait politique conscient; L'appellation la plus exacte serait "centralisme Démocratique". Le caractère "organique" ne peut appartenir qu'au centralisme démocratique qui est un "centralisme" en mouvement, c'est à dire une continuelle adéquation de l'organisation au mouvement réel avec une capacité d'équilibrer les poussées qui viennent d'en bas avec les ordres qui eux viennent d'en haut, une insertion continuelle.des éléments qui débouchent des profondeurs de la masse dans un cadre solide de l'appareil de direction, lequel assure la continuité et l'accumulation régulière des expériences; il est "organique" parce qu'il tient compte du mouvement qui est, pour la réalité historique, le mode organique de se relever, et il ne se raidit pas mécaniquement dans la bureaucratie, tout en tenant compte, en même temps, de ce qui est relativement stable et permanent ou pour le moins de ce qui est une direction facile à prévoir,etc.

Cet élément de stabilité à l'intérieur de l'Etat, s'incarne dans le développement organique du noyau central du groupe dirgeant, d'une façon analogue à ce qui se passe à une plus petite échelle dans la vie des partis. Quand c'est le centralisme démocratique qui l'emporte dans l' Etat, c'est l'indication que le groupe dirigeant est saturé, qu'il est devenu une sorte de coterie étroite qui tend à perpétuer ses privilèges mesquins, en contrôlant, et même en étouffant la naissance des forces opposantes, même si ces forces présentent une homogénéité avec les intérêts fondamentaux du groupe dominant (par exemple dans les systèmes protectionistes à outrance en lutte contre le libre - échange).

Dans les partis qui représentent des groupes socialement subalternes, l'élément de stabilité est nécessaire pour assurer l'hégémonie, non pas à des groupes privilégiés mais aux éléments progressifs, organiquement progressifs par rapport à d'autres forces voisines alliées mais composites et oscillantes.

En tous cas, il faut noter que les manifestations maladives de centralisme bureaucratique se sont produites par manque d'initiative et de responsabilité en bas, c'est à dire à cause du primitivisme politque des forces périphériques même quand celles-ci sont en homogénéité avec le groupe territorial hégémonique (phénomène du "piemontisme" dans les début de l'unité italienne). La formation de telles situations peut-être extrêment nuisible et dangereuse dans les organisme internationnaux (Société des Nations)

Le centralisme démocratique offre une formule élastique qui se prête à de nombreuses incarnations; elle vit dans la mesure où elle est interprétée et adaptée continuellement aux nécéssités; elle consiste dans la recherche critique de ce qui est égal dans l'apparente diversité et au contraire distinct et même opposé dans l'apparente uniformité, pour organiser et lier, étroitement, ce qui est semblable, mais en sorte que cette organisation et ce lien apparaissent comme une nécessité pratique et "inductive", expérientale, et non comme le résultat d'un processus rationaliste, déductif, abstrait, c'est à dire prope aux intellectuels purs (ou ânes purs).  Ce lent travail continu qui doit trier l'élément "international" et "Unitaire" dans la réalité nationale et locale est en réalité l'action politique concrète, l'activité qui seule engendre un progrès historique. Il exige une unité organique entre théorie et pratique, entre milieux intellectuels et masses populaires, entre gouvernements et gouvernés. Les formules d'unité et de fédération perdent de ce point de vue une grande partie de leur signfication tandis qu'elles conservent leur venin dans la conception bureaucratique, pour laquelle finit par ne plus exister d'unité mais un marais stagnant, superficiellement calme et "muet", pas de fédération mais un sac de "pommes de terre", c'est à dire une jusxtaposition mécanique d' "unités" particulières sans lien entre elles.

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Date de dernière mise à jour : 20/04/2017

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