LA PRODUCTION ET LE TRAVAIL

 Depuis la fin de la première guerre mondiale, beaucoup d'Etats sont devenus des Etats modernes libéraux-capitalistes. Leurs institutions économiques et politiques ont été conçues comme des catégories historiques qui ont subi un processus de développement qui seront dissout après qu'auront été créés les conditions pour des formes supérieures de vie sociale avec la réglementation de la production et de la distribution des biens matériels sous la forme de trusts de l'industrie et du commerce avec une forme de concentration  des moyens de production et d'échange et une égalisation du système d'exploitation des masses. Tout est mis en libre concurence avec à sa tête un Etat démocratique- parlementaire.

L'introduction des machines dans le processus de production a toujours suscité de profondes crises de chômages qui ne peuvent être surmontées que grâce à l'élasticité du marché du travail. Aujourd'hui, les conditions du travail sont radicalement perturbées: le chômage est devenu un problème insoluble en raison de l'impossibilité effective d'émigrer. Les fonctions se sont déplacées de l'usine isolée au système des usines possédées par une même firme et ses fonctions se concrétisent dans une banque et dans un système de banques qui se sont emparées du rôle effectif de fournir les matières premières et d'acquérrir les marchés de vente. A présent, les banques, les salons, les couloirs des ministères et des parlements, les bourses dirigent toute l'industrie.

Le propriétaire du capital est devenu une branche morte de la production. C'est cette machine impersonnelle qui achète, distribue un plan de production, qui achète les produits et les distribue. Le nombre de ces "non-producteurs" a dépassé toute limite du tolérable pour le potentiel de l'appareil productif. On travaille et on ne produit pas; on travaille durement et la production ne cesse de décroitre. C'est qu'il s'est formé un gouffre béant, un gosier immense qui engloutit et anéantit le travail, qui annéanti la productivité. Les heures non payées du travail servent à nourrir l'avidité de l'énorme multitude des oisifs qu'elle sert à nourrir. Ce système des rapports économiques et sociaux s'est ainsi développé avec une foule de parasites inutiles alors que les masses productives restent dans un esclavage politique et économique, source de décomposition et de ruine. Cette situation gangrène la société des hommes et la dirige vers le chaos. Elle menace de l'étouffer et de la dissoudre. l'Etat bourgeois est entre les mains des capitalistes et des banquiers. L'éducation ou la sélection de l'homme, adapté aux nouveaux types de civilisation, c'est à dire aux nouvelles formes de production et de travail, s'est réalisé au moyen de brutalitées inouies, en jetant dans l'enfer des sous-classes les faibles et les réfractaires ou en les éliminant complètement.

A chaque apparition de nouveaux types de civilisation, ou au cours du processus de leur développement, des crises se sont produites. Mêmes les classes moyennes ont été entrainées dans ces crises et aussi une partie de la classe dominante qui avait approuvée, elle aussi, la pression coercitive qui s'était nécessairement exercée sur toute l'étendue de la société. Les crises de "libertissisme" ont  été nombreuses, chaque époque historique a eu la sienne.

Il est un fait que les méthodes de travail sont indissociallement liées au mode de vie; à une certaine façon de penser et sentir sa vie. Le phénomène américain à eu  une importance avec un sens de la portée objective de l'effort collectif pour créer, avec une rapidité prodigieuse, une conscience du but à atteindre qui était sans précédent dans l'histoire. Taylor avait fixé le but de la société américaine: développer au plus haut degré chez le travailleur les attitudes machinales et automatiques, briser l'ancien ensemble des liens psycho-physiques du travail professionnel qualifié qui demandait une certaine participation active de l'intelligence, de l'imagination, de l'initiative du travailleur et réduire les opérations de la production à leur seul aspect physique et machinal. Il s'agit-là de la phase la plus récente du long processus commençé avec la naissance de l'industrialisme lui même. Cette nouvelle phase est seulement plus intense que les précédentes; elle se manifeste sous des formes plus brutales, mais elle sera  elle aussi dépassée par la création d'un nouvel ensemble de liens psycho- physiques d'un type différent, à coup sur "supérieur". Il se produira, inéluctablement, une sélection forcée au cours de laquelle une partie de l'ancienne classe ouvrière se trouvera impitoyablement éliminée du monde du travail et peut-être du monde tout court. L'humanité et la spiritualité qui existaient au plus haut point chez l'artisan lorsque le bien être, l'art et le travail étaient encore très fort avec la personnalité  du travailleur qui se reflétait dans l'objet créé ne peut plus se réaliser dans le monde de la production du travail, dans la "création" productive car le travailleur est exploité au maximum par la nouvelle méthode de production. L'industriel se préoccupe uniquement de maintenir la continuité de l'efficience physique, musculaire et nerveuse du travailleur pour avoir une main-d'oeuvre stable, toujours en forme dans son ensemble du personnel de l'entreprise qui est une machine (travail collectif). Le haut salaire est un  élément rattaché à cette nécessité pour sélectionner une main-d'oeuvre adaptée au système de production du travail afin de le maintenir stable, le développement de l'industrialisme nécessitant toujours plus  des formes de vie collective elles aussi plus complexes, avec des habitudes d'ordre, d'exactitude, de précision. La crise peut devenir permanente et avoir des perspectives catastrophiques; c'est ce mode capitaliste qu'il faut supprimer.

Dans ce contexte , les partis politiques ont une importance et une signification dans l'élaboration et la conception du monde moderne, ainsi que dans la diffusion car ce sont eux qui élaborent essentiellement l'éthique et la politique conforme à leur conception. Ce sont des "expérimentateurs" historiques de ces conceptions. Croire que l'initiative individuelle est devenue libre, que tout est facile, qu'on peut ce que l'on veut , notamment une série de choses dont on est présentement privé, c'est renverser le présent pour se projetter dans le futur. C'est alors que ce qui est réprimé se déchaine.

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Date de dernière mise à jour : 17/02/2015

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