-L' Humanisme

 

La génèse de la philosophie de la praxis est le matérialisme perfectionné par le travail de la philosophie spéculative qui s'est fondue avec l'humanisme, mais après que FEUERBACH ait indiqué que dans le domaine de la théorie le matérialisme a coincidé avec l'humanisme, l'immanentisme Hégélien n'est devenue historicisme absolu ou Humanisme absolu qu'avec la philosophie de la praxis.

Dans la période des "communes" au moyen age où les villes sont devenues un organisme juridique et politique autonome, en Italie, cette autorité s'étendait sur les campagnes envirronnantes au "cent ado" et aussi sur les communes comme phase économique corporative ainsi que sur le rôle des intellectuels. Pendant cette période la culture est resté la fonction de l'église et elle avait vraiment un caractère anti-économique (de l'économie capitaliste naissante). Elle n'était pas orienté dans le sens de donner l'hégémonie à la nouvelle classe, mais bien plutôt d'empêcher celle-ci de l'acquérir: l'Humanisme et la Renaissance sont à cet égard réactionnaires, parce qu'ils marquent la défaite de la nouvelle classe, la négation du monde économique qui lui est propre, etc.

Il semble clair que le livre de Dante:"Devulgari eloquentia" (de l'éloquence vulgaire) est à considérer, essentiellement, comme un acte de politique culturelle-nationale (au sens qu'avait "national" à cette époque et chez Dante), de même ce que l'on appelle "la question de la langue" a toujours été un aspect de la lutte politique. Cette question a été une réaction des intellectuels face à l'écroulement de l'unité politique, survenu en Italie sous le nom d' "équilibre des Etats Italiens", face à l'écroulement et à la désintégration des classes économiques et politiques qui s'étaient formées après l'an mille avec les communes. Elle représente la tentative, dont on peut dire qu'elle a réussi pour une bonne part, de préserver et même de renforcer une couche intellectuelle unitaire dont l'existence allait revêtir une grande importance au XVIII e et XIX e siécle (pendant le Risorgimento). Le petit livre de Dante a eu lui aussi une grande importance pour l'époque à laquelle il fut écrit: les intellectuels de la période la plus luxuriante des Communes rompent, non seulement dans les faits mais aussi en élevant le fait à la théorie, avec le latin et justifient la langue vulgaire (l'Italien) en exaltant contre le "mandarinat" latinisant, au moment même où la langue vulgaire s'illustre dans de grandes manifestations artistiques. La tentative de Dante a eu une importance innovatrice énorme, on le voit plus tard avec le retour du latin comme langue des gens cultivés et à partir de là est venu se greffer la question  du double aspect de l'Humanisme et de la Renaissance qui furent essentiellement réactionnaires du point de vu national populaire et progressiste comme expression du développement culturel des groupes intellectuels Italiens et Européens.

Les humanistes bannirent la tristesse et célébrèrent la joie, condamnèrent l'oisiveté et ordonnèrent le travail. Les réformateurs unirent sans effort l'humanisme au mysticisme, le culte de études à l'autérité morale. Le Calvinisme, à partir de sa conception de la grâce et en l'adaptant à la vocation devint le promoteur énergique de la vie économique, de la production et de l'accroissement des richesses.

Plus récémment, la culture de DE SANTIS ne s'est pas faite d'une façon "froide" esthétique comme chez Croce, elle a été celle d'une période de lutte culturelle, d'opposition entre des conceptions de vie antagonistes. La cohérence logique qui analyse et critique le contenu des oeuvres littéraires, c'est à dire leur cohérence logique et historique du présent des masses de sentiments représentés de façon artistique est lié à la lutte culturelle de De SANTIS et c'est ce qui fait sa profonde humanité et son humanisme qui le rendent si sympathique avec sa critique. On ressent chez lui la ferveur passionné de l'homme de parti qui a de solides convictions politiques, morales et qui ne les cache pas. Tout est organiquement unis, fondus ensemble. CROCE, lui, lutte pour le raffinement d'une certaine culture, non pour la vie, où pour son droit à la vie. Chez De Santis passion et ferveur romantiques sont accordées dans une sérénité supérieure, dans une indulgence pleine de bonhomie. Croce est dans une phase défensive où afflue l'acrimonie et la colère difficilement contenue et pas dans une phase agressive et fervente. Le type de critique populaire propre à la philosophie de la praxis est celui de DE SANTIS et pas CROCE. C'est elle qui constitue la base de la lutte pour une nouvelle culture; c'est à dire pour un nouvel humanisme avec une critique esthétique ou purement artistique, une lutte pour une "nouvelle culture" et non un art nouveau.

 

Dans la vieille école, l'étude grammaticale des langues latine et grècque, jointe à l'étude des littératures et des histoires politiques respectives étaient un principe éducatif dans la mesure où l'idéal Humaniste qui s'incarne dans Athênes et Rome étaient répandus dans toute la société; c'était un élément essentiel de la vie et de la culture nationales.

 

 Les initiatives "puritaines" des industriels américains du type Ford, ne se sont pas souciés de l'humanité" et de la "spiritualité" du travailleur qui sont immédiatement brisées. Cette humanité, cette spiritualité ne peuvent se réaliser que dans le monde de la production et du travail, dans la création "productive". Elle existe au plus haut point chez l'artisan, chez le démiurge (créateur du monde de la philosophie grècque ancienne) lorsque la personnalité du travailleur se reflètait toute entière dans l'objet créé, lorsque le lien entre lui et le travail était très fort. Mais, c'est justement contre cet "Humanisme" que le nouvel industriel est en lutte.

Dans la future école unitaire la phase ultime devra être conçue et organisée comme la phase décisive où l'on tendra à créer les valeurs fondamenttales de "l'Humanisme",  l'auto-discipline intellectuelle et l'autonomie morale nécessaire pour la spécialisation ultérieure qu'elle soit de caractère scientifique (études universitaires) ou de caractère immédiatement pratico-productif (Industrie, bureaucratie, organisation des échanges, etc).

La philosophie de la praxis dérive certainement de la conception immanentiste de la réalité, mais elle vient épurer de tout arôme spéculatif réduite à une pure histoire ou historicité ou encore pur humanisme. Non seulement la philosophie de la praxis est lié à l'immanentisme, mais également à la conception spéculative de la réalité dans la mesure où précisèment elle la renverse en l'expliquant comme un fait historique, comme " subjectivité historique d'un groupe social", comme fait réel qui se présente comme phénomène de "spéculation" philosophique et qui est simplement un acte pratique, la forme et le contenu concrét, social, et la manière d'amener l'ensemble de la société à se former une unité morale.

 

 

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Date de dernière mise à jour : 01/05/2017

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