CONCEPTION DU MONDE

Au début, l'homme est inscrit et avance dans une conception du monde imposée mécaniquement par son milieu de vie ambiant. Parmi les nombreux groupes sociaux qui existent dans son pays, sa province, sa ville, son village, il y a bien souvent une autorité politique ou religieuse qui dicte la loi et détermine l'activité culturelle qui sont des systèmes de croyance, d'opinions, de façons de voir et d'agir, regroupés dans ce qu'on appelle "le folklore". C'est à tout cela que se limite la philosophie.

Avec le temps et l'expérience, l'homme finit par se demander s'il est préférable de penser ainsi aux grés des circonstances afin de continuer de participer au monde qui lui est ainsi imposé ou s'il se demande si il peut exercer son activité critique pour élaborer sa propre conception du monde dans lequel il souhaite évoluer, choisir sa propre sphère d'activité et participer, consciement et activement, à la production d'un monde qu'il estime meilleur et donc à la production de l'histoire du monde plutôt qu'accepter passivement de l'extérieur les contraintes de son ancien monde imposé à sa propre personnalité.

Bâtir une autre conception du monde requiet un travail avec un groupe social d'hommes qui ne partagent pas forcement la même façon de penser et d'agir mais par cela d'"individu" on devient "Homme collectif".C'est à partir de là qu'on apprend à critiquer sa propre conception du monde pour la rendre unitaire et cohérente; on apprend à décortiquer tout ce qui relève du passé et du présent tout en apprenant à se connaitre soi même. On fait un inventaire en commençant par relever les contradictions entre ce qui existe, ce qui a existé et ce que nous voulons créer pour voir si notre conception nouvelle du monde correspond à une réalité, à une nécessité car être philosophe c'est avoir une conception du monde critiquement cohérente.

On ne peut pas imaginer cette conception du monde avec une pensée élaborée pour un passé lointain ou même récent. Il faut dépasser le mode de pensée précédent qui est souvent limité plus ou moins à des intérêts corporatifs, économiques qui n'ont rien d'universel. Créer une nouvelle culture nécessite après de diffuser critiquement les vérités qu'elle contient, les socialiser afin qu'elles deviennent les actions vitales qui coordonnent l'ordre intellectuel et moral du collectif, pensé par un collectif d'hommes pour qu'il ne reste pas le patrimoine de quelques intellectuels mais qu'il devienne une religion pour le sens commun. Penser est une chose agir en est une autre et faire les deux c'est agir politiquement.

La conception du monde absorbée d'une manière acritique par les différents milieux sociaux et culturels dans lesquels se développe l'individualité  morale de l'homme moyen permet de démarrer une philosophie du sens commun qui n'est pas une conception unique, identique dans le temps et dans l'espace.

Ce folklore de la philosophie présente des forces innombrables. Son trait fondamental, leplus caractéristique est d'être une conception fragmentaire, incohérente, inconséquente, conforme à la situation sociale et culturelle de la multitude dont il est la philosophie.

Une philosophie cohérente et systématique est élaborée dans l'histoire d'un groupe social homogène et contre le sens commun. Elle ne s'oppose pas avec les autres grands systèmes philosophiques traditionnels ni à la religion qui symbolise la conception des intellectuelset de la haute culture car ses systèmes sont inconnus des masses et n'ont aucune efficaité directe sur leur manière de penser et d'agir. Cela ne veut pas dire qu'ils soient absolument sans efficacité historique, mais que cette efficacité est d'un autre genre. Les systèmes philosophiques traditionnels influent sur les masses populaires comme force politique extérieure, comme élément de force de cohésion des classes dirigeantes et donc comme élément de subordination à une hégémonie extérieure qui limite la pensée originale des masses populaires négativement, sans influer sur elles positivement comme ferment vital de transformation profonde de ce que les masses pensent d'une manière embryonnaire et chaotique sur le monde et la vie.

Le rapport entre sens commun et religion est bien plus étroit qu'entre sens commun et système philosophique des intellectuels. Toute religion et surtout la religion catholique est en réalité une pluralité de religions distinctes et souvent contradictoires comme par exemple le catholicisme des paysans, celui des petits bourgeois, celui des femmes, des intellectuels qui sont tous bigarrés et dépourvu d'unité.

Il n'y a pas que les formes les plus grossières et les moins élaborées qui influent sur le sens commun. L'influence, les mouvements hérétiques populaires, les superstructures scientifiques qui se rattachent aux religions passées, etc, qui toutes sont composantes de l'état actuel du sens commun. Des éléments réalistes, matérialistes produit par la sensation brute prédominent et ne sont pas en contradiction avec l'élèment religieux au contraire car ces éléments sont superstitieux, acritiques.

Il faut critiquer scientifiquement ce qui fait que le sens commun reste encore aujourd'hui une conception Ploléméenne. Quand individuellement, un élément de la masse dépasse critiquement le sens commun, il accepte de fait une philosophie nouvelle. Si on veut traiter de la philosophie de la Paxis, il faut partir du sens commun qui est la philosohie spontanée de la multitude pour la rendre homogène du point de vue idéologique. Il faut pouvoir dépasser un certain sens commun si on veut en créer un autre qui réponde mieux à la conception du monde du groupe drigeant. Le sens commun n'est pas un agrégat chaotique de conceptions disparates où on peut trouver tout ce que l'on veut. Se réporter au sens commun comme pierre de touche de vérité est un nons sens. Cela ne signifie pas que le sens commun ne contienne pas de vérité, mais que c'est une conception équivoque, contradictoire, multiforme.

Le bon sens et le sens commun est un mode de pensée pour justifier l'obscur et le complique. Le sens a tué ce bon sens traditionnel pour créer un nouveau bon sens qui n'était autre qu'une attitude bénévolement indulgente. A présent, il y a la nécessité de nouvelles croyances populaires, c'est à dire d'un nouveau sens commun et par conséquent d'une nouvelle culture, une nouvelle philosophie qui prenne racine dans la conscience populaire avec la même force et le même caractère impératif que les croyances traditionnelles.

*

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : 06/02/2017

×