AU PREMIER PLAN

Une fois la philosophie posée comme une conception du monde et l'activité philosophique conçue non seulement comme élaboration "individuelle" de concepts cohérents à l'intérieur d'un système, mais aussi et surtout comme lutte culturelle visant à transformer la "mentalité populaire" et à diffuser les innovations philosophiques qui se révèleront être "historiquement vraies" dans la mesure où elles deviendront, concrétement, c'est à dire historiquement et socialement universelles - la question du langage et des langues "techniquement" doit être placé au premier plan.

Le mot langage a un sens essentiellement collectif qui ne présupose pas une chose unique, ni dans le temps, ni dans l'espace. Langage signifie également culture et philosophie (même au niveau du sens commun); en fait, le langage est une multiplicité de faits organiquements cohérents et coordonnés, d'où l'importance que le "moment culturel" a également dans l'activité pratique (collective).

L'homme collectif qui suppose qu'a été atteinte une unité "culturelle sociale" qui fait qu'un grand nombre de volontés éparses dont les buts sont hétérogènes, se soudent pour atteindre une même fin, sur la base d'une même et commune conception du monde (générale et particulière, passagèrement agissante- au moyen de l'émotion- ou permanente, du fait que la base intellectuelle est si bien enracinée, assimilée, vécue, qu'elle peut devenir Passion). Tout cela fait que l'acte historique sera accompli par l'homme collectif.

La question de la linguistique en général est importante pour atteindre collectivement à  ce même climat culturel.

Tout rapport d'hégémonie est nécessairement un rapport pédagogique et se manifeste non seulement à l'intérieur d'une nation, entre les forces diverses qui la composent, mais aussi à l'echelle internationale et mondiale et entre des complèxes de civilisations nationales et continentales. La personnalité historique d'un philosophe individuel est aussi donnée par le rapport actif qui existe entre lui même et l'ambiance culturelle qu'il veut modifier, ambiance qui réagit sur le philosophe en le contraignant à une continuelle autocritique.

C'est seulement là où existe une liberté politique, dite liberté de pensée et d'expression de la pensée (presse, média), qu'on peut appeler ce nouveau type de philosophe: philosophe démocratique, c'est à dire philosophe convaincu que sa personnalité ne se limite pas à son individu physique mais est un rapport social actif de modification de l'ambiance culturelle, sinon ce n'est qu'un penseur abstraitement libre qui prète à rire.

C'est une incompréhension de l'historicité des langages et donc des philosophies, des idéologies et des opinions scientifiques, que résulte la propre tendance à toutes les formes de pensées (y compris idéalistes- historiques) à s'érriger en espéranto de la philosophie et de la science.

En réduisant la part de "spéculatif" tel que l'entendent les idéalistes historicistes, la philosophie de la praxis semble être la méthodologie historique adhérant le mieux à la réalité et à la vérité. La question qui se pose à nous c'est comment traduire les différents langages philosophiques et scientifiques en un élément critique propre à toute conception du monde? La traductibilité suppose une phase donnée de la civilisation à une expression culturelle "fondamentalement"identique, même si le langage est historiquement différent, déterminé par les traditions particulière de chaque culture nationale et de chaque système philosophique par la prédominance d'une activité intellectuelle ou pratique. Il semble que la traduction n'est qu'organique et profonde que dans la philosophie de la praxis et pas qu'un simple jeux de "shématismes" généraux.

Ce qu'on appelle la question de la langue a toujours été un aspect de la lutte politique. Elle a été une réaction des intellectuels face à l'écroulement de l'unité politique survenue en Italie sous le nom d'équilibre des Etats Italiens.

S'il est vrai que tout langage contient des éléments d'une conception du monde, d'une culture, il est également vrai que le langage de chacun révèle la plus ou moins grande complexité de sa conception du monde. S'il n'est pas toujours possible d'apprendre plusieurs langues étrangères pour se mettre en contact avec des vies culturelles différentes, il faut au moins bien apprendre sa langue nationale.

Une grande culture peut se traduire dans la langue d'une autre grande culture, c'est à dire qu'une grande langue nationale, historiquement riche et complexe, peut traduire n'importe quelle autre grande culture, être en somme une expression mondiale. Un dialecte ne peut pas la même chose.

La culture, à ses différents dégrés, unifie un plus ou moins grand nombre d'individus disposés en couches nombreuses dont le contact, du point de vue de l'expression, est plus ou moins efficace, qui se comprennent entre eux dans des proportions diverses, etc.

Ce sont ces différences et ces distinctions historiques - sociales qui se refètent dans le langage commun et produisent ces obstacles et ces causes d'erreurs qu'ont étudiés les pragmatistes. La philosophie est un ordre intellectuel ce que n'est pas le "sens commun" qui est non collectif alors qu'il n'existe pas qu'un seul sens commun. Il est nécessaire de rassembler sous forme de système, avec une méthode critique et cohérente, ses propres intuitions du monde et de la vie. Ainsi la philosophie de la praxis est la critique du sens commun.

La valeur du sens commun ou "bon sens" réside dans le principe qu'il est vrai car il utilise le principe de causalité et une série de jugement pour identifier la cause exacte, simple et facile; il se trouve dans une certaine dose d'expérimentalisme et d'observation directe de la réalité, même si c'est sous une forme limite et empirique. Aujourd'hui, il est encore plus limite dans sa valeur intrinsèque mais il demeure.

L'objection du sens commun qu'on peut faire au septicisme, c'est que pour être cohérent avec lui même le septique ne devrait rien faire d'autre que de vivre comme un végétal sans se méler de la vie commune, car intervenir ça veut dire qu'on croit à la possibilité de convaincre et donc de n'être plus un septique car il représente une option positive déterminée.

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Date de dernière mise à jour : 04/02/2017

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