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J'avais un petit chien et j'en étais fou de joie. Il était tellement petit que pendant très longtemps il n'arriva pas à monter l'escalier de ma maison. Son poil était noir et long, on aurait dit un caniche miniature. Je l'avais tondu comme un lionceau, mais objectivement, il n'était pas beau, il était même plutôt laid, très laid, maintenant que j'y pense. Mais comme il m'amusait et comme je l'aimais!. Mon jeu favori était le suivant : quand nous allions nous promener dans la campagne, je le mettais sur une pierre un peu haute et je m'éloignais en zigzag, puis je me cachais dans un fossé ou dans un creux. Il me regardait et glapissait sans oser sauter. Ne me voyant plus, il poussait d'abord des cris, puis il réussissait à trouver le moyen de descendre et partait en chasse. Celà m'amusait parce que le pauvre (il faut dire qu'il était très jeune) regardait en aboyant derrière toutes les pierres, se penchait dans les petits fossés (qui pour lui étaient des grands fossés) et ne savait plus où donner de la tête parce que je me déplaçais rapidement après l'avoir appelé.

Quand enfin je me laissais découvrir, pour me montrer toute sa joie, il se mettait sur le dos et se faisait pipi dessus! et quel pipi!; combien de fois j'ai dû le savonner.

Nous avons eu aussi chez nous un petit perroquet domestique qui venait d'Abyssinie: il rongeait des fèves et des pois chiches toute la journée ( les noix et les amandes c'était nous qui les mangions) et il était  antipathique parce qu'il ne savait rien faire d'autre et qu'il n'était pas beau du tout. Il avait la tête aussi grosse que tout le reste du corps et la couleur de son plumage était d'un gris qui tendait sur le jaune;

j'ai élevé aussi beaucoup d'oiseaux et aussi d'autres animaux: des faucons, des hiboux, des coucous, des pies, des corneilles, des chardonnerêts, des canaris, des pinsons, des alouettes, etc. J'ai même élevé une petitte couleuvre, une belette, des tortues et des hérissons.

Voici comment j'ai vu des hérissons faire la cueillète des pommes. Un soir d'automne- il faisait presque sombre, mais la lune brillait déjà, très claire- je suis allé avec un petit camarade à moi dans un champ couvert d'arbres fruitiers, particuliérement  des pommiers. Nou nous sommes caché dans un fourré, sans le vent. Et tout d'un coup voici que surviennent les hérissons, cinq,, deux gros et trois tout petits. En file indienne; ils se sont un peu promenés dans l'herbe, puis ils se sont mis au travail. En s'aidant de leurs petits museaux et de leurs petites pattes, ils faisaient rouler les pommes que le vent avait détachées des arbres, et ils les rassemblaient dans un petit emplacement dégagé, bien près les unes des autres. Mais il faut croire que les pommes tombées par terre ne suffisaient pas, le plus gros des hérissons, le museau levé, regarda autour de lui, choisit un arbre très penché et il y grimpa, suivi par sa femelle. Ils se posèrent sur une branche chargée et ils commencèrent à se balancer en mesure; Leurs mouvements se communiquèrent à la branche qui oscilla de plus enn plus par secousses brusques et un grand nombre d'autres pommes finirent par tomber.

 Après les avoir également transportées près des autres, tous les hérissons, grands et petits, se mirent en boule en sortant leurs piquants et s'étendirent sur les fruits qui s'embrochèrent sur les piquants. Certains n'avaient que peu de pommes prises (les petits hérissons) mais le père et la mère avaient réussi à embrocher sept ou huit pommes chacun. Alors tendis qu'ils s'en retournaient à leur gîte, nous sommes sortis de notre cachette, nous avons mis les hérissons dans un petit sac et nous les avons ramenés à la maison.

 Moi j'avai le père et les deux petits hérissons et je les ai gardés plusieurs mois en liberté dans la cour. Ils donnaient la chasse à toutes les petites bêtes, blattes, hannetons,etc, et ils mangeaient des fruits et des feuilles de salade. Ils aimaient beaucoup les feuilles fraîches et c'est ainsi que j'ai pu les aprivoiser un peu. Ils avaient une grande peur des chiens. Je m'amusais à amener dans la cour des couleuvres vivantes pour voir comment les hérissons les chassaient. Dès qu'un hérisson avait aperçu la couleuvre, il sautait lestement sur ses quatres petites pattes et chargeait avec beaucoup de courage. La couleuvre levait la tête, la langue dehors et sifflait; le hérisson poussait un petit cri, tenait la couleuvre avec ses pattes de devant, lui mordait la nuque et puis la dévorait morceau par morceau. Un jour ces hérissons disparurent: surement quelqu'un les avait pris pour les manger.

Nous pour Noël nous mangions  des têtes de chevreuil que notre mère avait ffait cuire au feu.

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Date de dernière mise à jour : 06/11/2012

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