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8 novembre, 22h30: j'entends taper à la porte de ma chambre. Des policiers viennent m'arrêter et me conduire à la prison de Régina Coeli. je deviens le matricule 70 47. Ma cellule est assez chaude et éclairée la nuit, mais le lit et les draps ont dejà servis, il sont très sales;. Des insectes les plus divers pullulent. Je suis comme une mouche qui tourne en rond et qui ne sait pas où aller se poser. je vous passe les formalitées d'usage (fouille, interrogatoire,etc).

 Les jours suivant la soupe est assez bonne mais aucun livre ou journal à lire. Je suis tranquille et serein car je m'étais moralement préparé à tout. Seul mon coeur pleure à la pensée que je n'ai pas toujours été affectueux avec ma famille, ni bon comme j'aurais du l'être. Je suis un peu fatigué car je dors trés peu. Je suis dans l'isolement absolu. Pour me remonter le moral je repense à la dernière lettre que j'ai écrite à Gulia; J'avais essayé de rester un père sérieux mais un peu taquin. Je demandais à Gulia si elle se rappelait ce curieux africaniste de Moscou qui m'avait promis de me faire goûter une friture de rognons de Rhinocéros? J'insistais pour que si elle venait à le rencontrer de nouveau elle lui rappelle la promesse qu'il m'avait faite. Je ne pense pas qu'ils connaissent cette recette dans la prison.

Je ne m'imagine pas  à revendiquer avec insistance le droit de souffrir, d'être martyrisé , ni privé de la moindre nuance d'épreuve qu'ils s'apprètent à me faire subir.  Je n'ai aucune envie d'être un nouveau Gandhi qui veut témoigner devant les puissaants et les petits des souffrances du peuple, ni un nouveau Jérémie ou Elie, ou je ne sais quel autre prophète qui s'en allait sur la place publique manger des immondices pour s'offrir en holocauste au dieu de la vengance.

Le tribunal spécial finit par me condamner, dans un premier temps, à 5 ans de reléguation.

Je suis passé sans préavis de la cellule ordinaire à la chambre de location, ce qui m'a valu de rester unjour sans manger étant donné que la prison ne founit la nourriture qu'à ceux qui occupent une cellule ordinaire, ceux des chambres de location doivent se "substanter" par leurspropres moyens.

Pour les derniers jours à Régina Coeli, on m'offre une cellule assez claire le jour et pas éclairée la nuit, mais les draps sont propres . On a désinfecté la pièce avec de l'essence. Il y a un lavabo avec un sceau, un broc et une chaise, mais pas de table ni de porte manteau ni de petite armoire l'administration manquant de matériel. 7 h le matin réveil; nettoyage de la chambre à 9 h, promenade de une heure de 10 à 11 ou de 11 à 12, dans une cour  mais défense de parler. La cour est divisée en rayons par des grilles, les murs de séparations sont très hauts. Une sentinelle veille sur la terrasse et une autre passe devant les grilles. Des fois il arrive que la cour soit totalement enfumée par la cheminée d'usine à l'intérieur. D'autres fois, il nous faut rester sous la pluie. 12 heures repas et 15 h visite de la cellule ( vérification des barreaux et de la grille). 7h 30 Coucher obligatoire jusqu'à l'aube le lendemain, mais 22h et 3h du matin revisite. Bonjour le sommeil. J'ai droit à la lumière électrique mais sans interrupteur si bien que toute la nuit je tourne et je retourne dans mon lit pourprotéger mes yeux de la lumière.

Mis à part quelques petites heures de cafard un soir où on a coupé la lumière de toute les cellules, je continue de rester très gai; j'ai en moi un petit malin génie qui me porte à rechercher que le côté comique et caricatural de toutes les scènes, ce qui fait que, pour le moment, j'ai conservé ma bonne humeur en dépit de tout.

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Date de dernière mise à jour : 17/06/2017