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Moi même je n'ai aucune race: mon père est d'origine albanaise récente ( la famille s'est enfuie d'Epiré avant ou pendant les guerres de 1821 et s'est italianisée rapidement). Ma grand-mère était une GONZALEZ et descendait de quelque famille italo-espagnole de l'Italie méridionale (comme il est tout resté après la fin de la domination espagnole). Ma mère est sarde par son père et par sa mère, et la Sardaigne ne fut réunie au Piemont qu'en 1847 après avoir été un fief personnel et un patrimoine des princes piémontais, qui l'avaient reçue en échange de la Sicile qui était trop éloignée et moins facile à défendre.

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On a écrit, à propos de la littérature italienne, que si la sardaigne est une île, chaque sarde est une île dans l'île. Cependant ma culture est italienne et c'est mon monde à moi: je n'ai jamais eu l'impression d'être déchiré entre deux mondes, bien que cela ait été écrit dans le"giornale d'Italia" de mars 1920, où un article trés comique expliquait mon activité politique à Turin, entre autres, par le fait que j'étais sarde et non piemontais ou sicilien, etc. le fait que j'étais d'origine Albanaise ne fut pas mis en avant parce que le journaliste -Crispi- qui essayait ainsi d'expliquer mes tendances intellectuelles et politiques était lui aussi Albanais; il avait été élevé dans un collège albanais et parlait albanais. D'ailleurs en Italie ces problèmes ne se sont jamais posés et personne en Ligurie ne s'effraie si un marin ramène au pays une épouse noire. Personne ne va la toucher avec un doigt humide de salive pour voir si le noir s'en va, et personne ne croit que le noir va déteindre sur les draps.

 

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Date de dernière mise à jour : 17/06/2017

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