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1919 a été marqué par le fascisme en tant que mouvement réactionnaire ayant pour but la désagrégation et la désorganisation de la classe laborieuse pour la neutraliser. Il s'inscrit dans la politique traditionnelle des classes dirigeantes Italiennes et dans la lutte du capitalisme contre la classe ouvrière. Il est favorisé dans ses origines, dans son organisation et dans son développement, par l'appui de tous les vieux groupes dirigeants sans distinction et dans son développement  par l'appui en particulier des propriétaires fonciers qui se sentent plus fortement menacés par la pression des masses rurales. Mais socialement le fascisme trouve sa base dans la petite bourgeoisie urbaine et dans la nouvelle bourgeoisie agricole, apparue après la transformation de la propriété foncière dans certaines régions (phénomène du capitalisme agraire d'Emilie, formation d'une couche intermédiare, d'origine rurale : "prêts fonciers", nouvelle répartition des terres). Ce fait, plus celui d'avoir trouvé une unité logique, idéologique et organisationnelle, dans les formations militaires où revivent les traditions guérrières ("arditisme") et qui sont utilisées dans la guerrilla contre les travailleurs, permettent au fascisme de concevoir et de mettre au coeur un plan de conquête de l'Etat, s'opposant aux nouvelles couches dirigeantes. Il est absurde de parler de révolution, mais les nouvelles couches se rassemblent autour du fascisme, tirent leur origine de l'homogénéité et d'une mentalité commune du "capitalisme naissant".

Cette activité de la petite bourgeoisie devenue officiellement le "facsisme" n'est pas sans conséquences pour la cohésion de l'Etat. Après avoir corrompu et ruiné l'institution parlementaire, la petite bourgeoisie corrompt et ruine aussi les autres institutions, les autres soutiens fondamentaux de l'Etat que sont l'armée, la police et la magistrature. En se développant, le fascisme se durcit autour de son noyau primordial avec Mussolini qui se présente comme le chef de la réaction italienne. Il se plait à rappeler ses origines subversives du temps où il était le chef de la vieille aile révolutionnaire du Psi.

En mars, l'internationale communiste  est créée. La situation d'urgence en Italie nous oblige à constituer une phalange d'acier, trop réduite bien sur pour entamer une lutte contre les forces adverses mais suffisante pour devenir l'armature d'une formation plus vaste, d'une armée qui pour parler la langue de l'histoire italienne soit capable de faire succéder la bataille du Piave à la déroute de Caporetto.

En avril 1920 a eu lieu un mouvement turinois qui fût un évèvement grandiose avec un prolétariat qui s'engage dans la lutte pour le contrôle de la production sans qu'il soit poussé à l'action par la faim ou le chomage. Les ouvriers de la mettalurgie ont fait grève un mois, les autres catégories Dix jours. La grève générale des dix derniers jours s'est étendue dans tout le piemont, mobilisant environ un demi-million d'ouvriers de l'industrie et de l'agriculture. Ils ont soutenu seuls la lutte sans aucune aide, ni du parti socialiste, ni de la conférération syndicale, au contraire les dirigeants ont tout fait pour empêcher cette action révolutionnaire des autres ouvriers qui voulaient manifester leur solidarité. Même les anarchistes dans leur propagande se sont opposé à la dictature du prolétariat. Ce mouvement survenait après la mise en place des conseils d'usine qui en six mois avaient été crées dans toutes les usines et entreprises mettalurgiques. En 1 heure, sur un appel de la section socialiste 120 000 ouvriers  s'étaient précipités jusqu'au centre ville balayant toute opposition sur leur passage.

Turin est le centre industriel où la production industrielle a atteint son plus haut développement. Depuis le début de la guerre italienne-le 24 mai 1915- le prolétariat de Turin n'avait fait aucune manifestation de masse; il avait fallu attendre aout 1917 pour voir le peuple se soulever, les armes à la main, pendant 5 jours, élever des barricades, creuser des tranchées, entourer les quartiers de barbelés électifiés pour repousser les attaques de la police; 500 ouvriers sont morts, 2000 ont été bléssés .Les dirigeants furent arrêtés et éloignés.

Lors du dernier mouvement de grève  générale de Turin et du Piemont, les ouvriers se sont heurtés au sabotage et à la résistance des organisations syndicales et du parti socialiste lui même. Mais il a fallu que Turin soit submergée par  une armée de policiers avec des canons et des mitrailleuses mise en positions pour venir a bout de la résistance ouvrière. Le mouvement a cessé  mais a eu toute fois une grande importance éducative.

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Date de dernière mise à jour : 07/09/2012

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