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Toujours en 1913, j'avais acheté à Turin avant mon gros coup de fatigue un stock de livres sur la Sardaigne venant de la bibliothèque du marquis de Boyl dont les héritiers s'étaient défaits. Il y avait le livre du général Lamarmora, en français, sur les voyages en sardaigne et les histoires du Baron Mannu. J'avais aussi un très gros volume, pesant au moins dix kilos, contenant les documents d'archives d'Arboréa et un petit volume; "Con Quinkno Sella in sardaigne" de l'ingénieur Marchesi; j'en avais apporté quelques uns à Ghilarza pendant les vacances.

Je me suis toujours intéressé aux chôses de mon pays comme les chansons sardes que chantaient dans les rues les descendants de Piùsi Pirione de Balotana. Il y avait un peu partout des fêtes; celle de San Costantino à Sedio et à San Palméiro qui avaient un grand succès et où on organisait des concours de poësie Sarde, lors des grandes festivités. Pour la Saint Isidore on promenait dans les rues la bannière des quatre mers et les capitaines portaient le costume des anciennes milices.

En faisant un petit effort de mémoire, en dépit du fait que je ne l'ai que rarement entendu, je réussis à me remémorer des passages entiers du sermon de Fra' Antigu a su populu de Masuddas! ; "E ité cau nomais bagou- chi sinci boghunt is ogus- é un arrogu e figau- "etc, etc. Ce poème me plait beaucoup car il a un humour frais de campagnard. Je ne pense pas que ce soit là des stupidités sans queue ni tête; c'est comme le cours sur le "satiricon" de Pétrone que j'ai suivi pendant les deux années précédentes. C'est un chef d'oeuvre de la littérature latine. J'en sais encore aujourd'hui des passages par coeur. Il contient certe des obscénités comme tous les livres latins et grècs, mais je ne suis pas quelqu'un qui collectionne les livres obscènes;

Dès que ma santé le permettait, je me remettais au travail de lecture et d'écriture pour préparer mes examens si mon recours est accepté. Mais le bruit de la guerre était de plus en plus insistant. De part mon choix d'étude en Philologie qui est l'étude des faits historiques. je ne pouvait pas rester insensible à ce qui se passait dehors. J'avais en ce sens retenu la leçon de Vigo pour qui le philologue est un grammairien, un historien ou un critique qui a étudié tout ce qui concerne la connaissance des langues et des actions chez les peuples, leurs coutumes, les lois et au delà les guerres, les traités de paix, les contrats, les alliances, les échanges commerciaux, etc. J'avais du aussi beaucoup étudier CROCE pour qui la philosophie est une conception de la réalité du monde , de la vie. Pour lui l'histoire est formelle, une histoire de concept et donc d'intellectuels , ce à quoi j'étais pas d'accord. Ma philosophie à moi n'est pas seulement de concevoir le monde d'une certaine façon mais aussi d'agir d'une façon qui sera, en principe, conforme à ma  conception. Pour moi la théorie de la connaissance et de la conception du monde est un moment non séparable de son corrélatif pratique.

Pour moi l'"Hégélisme" avait été les prémisses de la philosophie de Croce, je considérais Croce comme le plus grand penseur de l'époque. Le concept de l'unité de la théorie et de la pratique, de la philosophie et de la politique, n'étaient pas clair chez moi,; j'étais tendanciellement plutôt Crocien avec unn idéalisme néo-Hegelien. Hégel c'était la vie de la pensée qui ne connait pas de limites et qui se pose, elle même, comme quelque chose de transitoire, de dépassable, qui se renouvelle sans cesse comme l'hitoire et suivant l'histoire.

On dit de Croce qu'il est le plus grand prosateur Italien après Manzoni. Cette affirmation me semble excate à ceci près: Croce pour ce qui est du style tient dans le domaine de la prose scientifique, à sa capacité d'exprimer avec une grande simplicité et en même temps avec vigueur une matière  qui chez les autres écrivains se présente habituellement sous une forme confuse, obscure, forcée, prolixe. Son style littéraire est conforme à son style de vie moral, une attitude que l'on peut appeler Goethenne, faite de sérénité, de mesure, d'assurance imperturbable. A l'époque où tant de gens perdent la tête et tâtonnent au milieu des sentiments  apocalyptiques de panique intellectuelle, Croce devient un point de référence où l'on peut puiser une force intérieure, à cause de sa certitude inébranlable. Il faut en oûtre tenir compte du fait que pour beaucoup de gens la pensée de Croce ne se présente pas comme un système phylosophique compact et par la même difficilement assimilable. Il me semble que la plus grande qualité de Croce a été celle-ci: Faire passer sans pédantisme sa conception du monde dans toute une série de brefs écrits où la phyilosophie se présente sans médiation et est assimilée comme bon sens et sens commun.

Après avoir suivi quelques réunions des socialistes , je me suis inscrit aux jeunesses socialiste pour être pratique. A la fin de l'année je rejoignait la rédaction du journal "Suivant".

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Date de dernière mise à jour : 29/08/2012

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