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a-g-15-ans.jpg1908 :je poursuis mes études au lycée Giovani Maria Dettori à Cagliari. Je suis en troisième mais je ne fait plus de mathématiques, j'ai au contraire choisi le grec (l'option existait à ce moment là) . L'année suivante en seconde j'ai démontré, à l'improviste,  que j'avais conservé une " capacité" remarquable en math. On arrivait à ceci qu'en seconde il fallait pour étudier la physique, connaître les éléments mathématiques que les élèves qui avaient optés ,comme moi, pour le grec n'étaient pas obligés de savoir. Le professeur de physique qui était fort distingué s'amusait comme un fou à faire tout ce qu'il pouvait pour nous mettre dans l'embarras. Au cours de la dernière interrogation du 3ème trimestre, il me posa des questions de physiques liées aux mathématiques, en me disant que de la façon dont j'allais les traiter dépendrait ma moyenne annuelle et donc mon passage dans la classe supérieure, avec ou sans examen. Il s'amusait beaucoup à me voir au tableau noir, où il me laissa autant que je le voulus. Et bein, je restais une demi-heure au tableau, je me couvris de craie des pieds à la tête; je tentais une méthode, je m'excrimais sur une autre, j'écivis, j'effaçais et finalemment " j'inventais" une démonstration qui fut jugée excellente par le professeur bien qu'elle ne figura dans aucun manuel. Ce professeur mon frère ainé Gennaro, à Cagliari, et me poursuivit de ses moqueries durant tout le temps de ma scolarité: il m'appelait le physicien grécisant.

A 19 ans, comme Nannaro était employé à Cagliari, j'allais vivre chez lui, Je touchais ma premierèe mensualité, et puis plus rien. J'étaisentièrement à la charge de Nannaro qui ne gagnait pas plus de 100 lires par mois. On décida de changer de pension. J'échouais dans une petite chambre qui avait perdu son crépi à cause de l'humidité, et qui avait seulement une petite fenêtre donnant sur uneespèce de puits, des latrines plutôt qu'une vraie cour. Je m'apperçus tout de suite qu'onne pouvais pas continuer comme cela, àcause de la mauvaise humeur de Nannaro qui s'en prenait toujours à moi. Je commençais par ne plus prendre le peu de café qu'il y avait le matin, puis je retardais toujours plus le déjeuner et j'économisais de cette façon le diner du soir. Pendant environ 8 mois je ne mangeais qu'une fois par jour et j'arrivais à la fin de la 3ème années de lycées dans des conditions de dénutrition très graves. Ce n'est qu'à la fin de l'année scolaire que j'appris qu'il existait une bourse d'études au college Carlo Alberto, mais le concours portait sur toutes les matières des trois années de lycée. Je devais donc faire un effort immense pendant les trois mois de vacances. Seul mon oncle Serafino s'âpperçut du déplorable état de faiblesse dans lequel je me trouvais et il m'invita à venir chez lui, à Oristano, comme répétiteur de son fils Délio. J'y restais 1 mois et demi et je faillis devenir fou. Je ne pouvais pas étudier pour le concours car Delio m'absorbait complètement et mes craintes, jointes à ma faiblesse, me minaient. Je m'enfuis en cachette. Je n'avais plus qu'un mois devant moi pour étudier. Je parti pour Turin dans un état proche du somnambulisme. J'avais 55 lires en poche.

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Date de dernière mise à jour : 29/11/2012

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