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ag-galleria-foto-07maison-ghilarza.gifJ'avais 6 ans quand mon père sans qu'on me dise pourquoi avait quitté la maison d'Ales ( Cagliari) et qu'il a fallu que ma mère enmène toute sa famille à Ghilarza avec la tante Grazia.L'important était pour moi que je puisse aller à l'école. A cette époque, j'étais très desordonné, j'allais souvent m'ébattre dans les champs, mais j'étudiais aussi très bien parce que j'avais une mémoire très sûre et très rapide et que je ne laissais rien échapper de ce qui était nécessaire pour l'école. Pour tout dire, je dois ajouter que j'étais malin, et que j'étais capable de m'en tirer même quand je n'avais pas suffisamment travaillé. Mais le système scolaire auquel j'ai été soumis était très arriéré; en oûtre la presque totalité de mes camarades de classe ne parlait l'Italien que très mal et avec difficulté, et cela me mettait dans une situation de supériorité parce que le maître devait tenir compte de la moyenne des élèves et le fait de savoir parler couramment l'Italien était déjà un atout qui facilitait bien des choses (L'école se trouvait dans un village de campagne et la grande majorité des élèves étaient d'origine paysanne). J'aimais l'histoire parce que cela concerne les hommes qui vivent, le plus d'hommes possible, tous les hommes du monde qui s'unissent en société, travaillent, luttent et s'améliorent. A la maternelle nous habitions alors à Sorgono et avec Térésina qui était bouclée et blonde, nous allions à la maternelle chez les religieuses.

En dehors de l'école j'étais un infatigable chasseur de lézards et de serpents, que je donnais à manger à un superbe faucon que j'avais apprivoisé; Durant ces chasses dans les campagnes, il m'est arrivé trois ou quatre fois de trouver un animal très semblable au serpent commun ( couleuvre), avec cette différence qu'il avait quatre petites pattes, deux près de la tête et deux très éloignées des premières, près de la queue (si on peut parler de queue). L'animal avait 60 à 70 cm de long et était très gros par rapport à sa longueur; sa grosseur correspondait à celle d'une couleuvre de 1,20m ou 1,50m. Ses petites pattes ne lui sont pas très utiles car il s'échappait en rempant très lentement. Dans mon vllage ce reptile s'appelle "scurzone", ce qui voudrait dire "écourté" (curzu veut dire court) et son nom est certainement dû au fait qu'on dirait une couleuvre écourté ( remarquez qu'il y a aussi l'Orvet qui a sa courte taille unit à une minceur proportionnée). A Santa Lursurgiu où j'ai suivi les trois dernières années de gimnasio qui précède le Licéo et qui aboutit à la licenza ginnasiale (semblable au BEPC), je demandais au professeur d'histoire naturelle (qui en réalité était un vieil ingénieur de l'endroit) comment on appelait en Italien le scurzone? Il rit et me dit que c'était un animal imaginaire, l'aspic ou le basilic et qu'il ne connaissait aucun animal semblable à celui que j'avais découvert quelques années plus tôt. Les gamins de Santa Lusurgiu expliquaient que chez eux le scurzone était justement le basilic et que l'animal décrit par moi s'appelait "coloru" (colubu en latin), tandis que la couleuvre s'appelait " colora" au féminin, mais le professeur déclara que c'était des superstitions de paysans et que les couleuvres avec des pattes n'existaient pas.

Vous savez combien un jeune garçon peut être furieux de s'entendre donner tord alors qu'il est sur d'avoir raison oû même d'être tourné en ridicule et traité de supertitieux quand il s'agit de choses réelles; je pense que c'est cette réaction contre l'autorité mise au service de l'ignorance, sûre d'elle- même, que je dois de me souvenir encore de cet épisode; Le professeur de Santa Lussurgiu n'était pas idiot, bien au contraire, il était même très savant: il faisait des collections minéralogiques, etc, et pourtant, il ne croyait pas à l'existence du "scurzone" comme réalité tout à fait prosaïque,sans haleine empoisonnée et sans yeux incendiares. Dans mon village d'ailleurs je n'avais jamais entendu parler des vertus maléfique du Basilic- scurzone, qui cependant dans d'autres villages était craint et entouré de légendes. Pour ma part, je ne l'ai pas vu plus d'une douzaine de fois dans des endroits humides, après avoir roulé des grosses pierres, tandis que des couleuvres j'en ai vu des milliers, sans avoir besoin de déplacer des rochers.

j'aimais beaucoup la vallée du Triso au dessous de San Sérafino. Je restais des heures et des heures assis sur un rocher à admirer une espèce de lac que le fleuve formait juste au dessous de l'église, à cause du"nesserzu" ( barrage fait de roseaux et de branchages), construit en aval. Je regardais les poules d'eau sortir des roseaux qui entourent le lac et nager vers le centre, et les sauts de poissons qui attrapaient des moustiques. Un jour je vis un gros serpent entrer dans l'eau et en sortir peu après avec une grosse anguille dans sa gueule: je tuais le serpent et je lui pris l'anguille que je dûs ensuite jeter parce que je ne savais pas comment l'apporter au " muristène" (abrit pour visiteur près de l'église), elle était devenue raide comme un baton et me mains sentaient trop mauvais;

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Date de dernière mise à jour : 27/11/2012

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